En 2020, les performances de la gestion active ont fréquemment dépassé celles du marché. La conjoncture n’explique pas tout : la gestion active a des atouts à faire valoir

Le discours devient dominant, largement diffusé auprès des non-initiés : la gestion active n’aurait plus d’intérêt, mieux vaudrait se tourner les ETFs, ces fonds qui répliquent les indices boursiers, si simples et efficaces. Quand les marchés financiers vivent à l’heure de la macro-économie, comme cela a été le cas depuis le début de la crise sanitaire, la cause paraît entendue. Inutile de chercher les meilleures valeurs, puisque les Bourses évoluent simplement sous l’effet des nouvelles de l’épidémie et des annonces des banques centrales.

Mais cette période prend actuellement fin. Les investisseurs redécouvrent la notion d’actions surévaluées ou au contraire décotées. Et surtout, à voir les performances de 2020, ils constatent que de nombreux fonds ont largement battu leurs indices de référence. S’agissant des actions européennes, les deux tiers des fonds « actifs » investis en grandes entreprises y sont parvenus, selon une étude de Lyxor ETF Research. Concernant les fonds « small caps », 80% d’entre eux ont fait mieux que l’indice.

Le constat est le même aux Etats-Unis, où les fonds orientés « croissance » ont notamment battu le S&P 500. C’est le cas pour 90% d’entre deux en 2020.

« Battre le marché »

La gestion active peut faire mieux que le marché. Et pas seulement sur une année : le fonds BDL Convictions a vu sa valorisation multipliée par 3,2 depuis sa création en septembre 2008, tandis que son indice de référence, l’Eurostoxx 600 (dividendes réinvestis) a été multiplié par 2. (1)

Si le marché était parfaitement efficient, les investisseurs faisant preuve en permanence d’une rationalité sans faille, intégrant parfaitement la totalité de l’information disponible concernant les entreprises, la gestion active n’aurait pas son mot à dire. Il serait logiquement impossible de battre le marché. Mais il apparaît que ce n’est pas le cas. Les investisseurs sont victimes de biais cognitifs individuels ou collectifs, qui se traduisent par des phénomènes de sur ou sous réaction.

En outre, si les informations sont globalement à la disposition de tous, elles peuvent être d’une analyse complexe. C’est là qu’entre en jeu l’analyse financière et même comptable. Les rencontres avec les dirigeants des entreprises en portefeuille, fréquentes, permettent d’affiner l’analyse, de mieux comprendre les tendances. S’agissant de la comptabilité, BDL Capital Management a développé une véritable expertise, permettant de d’estimer les évolutions à venir de la rentabilité des entreprises, notamment à travers l’évolution de leur « pricing power ». Et pas seulement : les analystes suivant de près les valeurs ont pu déceler en amont l’existence d’anomalies comptables dans des entreprises comme Wirecard, ou plus récemment Solutions 30, et les sortir de leur portefeuille rapidement. Un ETF ne peut pas voir le sujet venir. Et il enregistre une perte conséquente…

Flexibilité

Un autre atout de la gestion active est sa flexibilité. Elle permet de mettre en œuvre une stratégie de portefeuille bien ajustée aux besoins spécifiques de tel ou tel investisseur. Et de pratiquer des investissements « de niche » oubliés par les fonds indiciels.

L’avantage de la simplicité

La gestion dite passive, reposant sur la réplication automatique des indices boursiers, a pour elle l’avantage de la simplicité. Et du coût moins élevé, puisque les ordinateurs font le travail. Mais cette simplicité, cette transparence, ne sont pas gages de sécurité, comme pourraient le penser à tort certains investisseurs :  les ETFs qui « trackent » les indices sont incapables de réagir aux retournements de marché, la chute peut être lourde. Et la transparence n’est parfois qu’apparente. Pour permettre aux investisseurs de diversifier leur portefeuille, de multiples indices ont été créés, très pointus, pour lesquels il n’existe aucun « track record », d’où un certain flou.

Ces indices reposent parfois sur un très faible nombre de valeurs, comme c’est le cas, par exemple, pour le secteur du « bas carbone ». Il suffit alors qu’un ETF connaisse un certain succès pour provoquer un flux acheteur disproportionnée sur les valeurs qui composent l’indice sous-jacent. C’est l’emballement, la hausse appelant bien sûr la hausse, puis, très souvent,  l’éclatement de ce qu’il faut bien appeler une bulle boursière.  Plus généralement, les ETFs amplifient aujourd’hui, selon le même principe, les mouvements des indices, même les plus « lourds ».

La gestion active a encore de beaux jours devant elle. Par définition, elle dépend de l’humain, de ces erreurs éventuelles. Voilà pourquoi le choix du gestionnaire est plus que jamais essentiel. 

(1) Depuis2012, l’indice de référence SXXR remplace l’indice SXXP. Les performances passées ne préjugent pas de celles à venir.

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